Éducation des femmes et fécondité : une relation inverse

Un nuage de points illustre la relation inverse, bien établie, entre l'éducation des femmes et la fécondité.

Une droite de régression résume la relation inverse, bien établie, entre l'éducation des femmes et la fécondité : d'un pays à l'autre, les femmes plus instruites ont tendance à avoir moins d'enfants.

Les pays d'Afrique de l'Ouest, centrale et de l'Est (mis en évidence en noir) se regroupent en haut à gauche, caractérisés par un faible niveau de scolarisation des femmes et une fécondité élevée. La Somalie se situe à l'extrême : le plus faible nombre moyen d'années de scolarisation des femmes de l'ensemble de données (0,9 an), associé à l'indice synthétique de fécondité le plus élevé (6,4 enfants par femme).

À l'autre extrémité de la distribution, les pays d'Europe du Nord, de l'Ouest et de l'Est (mis en évidence en noir) se regroupent en bas à droite. Le nombre moyen d'années de scolarisation des femmes y varie de 12,5 à 13,4 ans — parmi les plus élevés observés dans le monde — associé à des taux de fécondité nettement inférieurs au niveau de remplacement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme.

Le Népal (mis en évidence en rouge) constitue une valeur clairement atypique dans ce nuage de points. Le nombre moyen d'années de scolarisation des femmes de 25 ans et plus y est d'environ 3,5 ans — parmi les plus faibles de l'ensemble de données. Ce résultat reflète en partie le retard pris par l'éducation de masse sous le régime Rana, qui a freiné la scolarisation formelle jusqu'en 1951 (Bhatta & Mehendale, 2021). Les progrès se sont depuis nettement accélérés — le taux d'achèvement du premier cycle du secondaire chez les filles est passé de seulement 8 % en 1990 à une parité quasi universelle (89 %) en 2024 (UNESCO, 2026). Cependant, comme l'indicateur de l'ensemble de données reflète la moyenne des femmes de 25 ans et plus, les chiffres traduisent surtout les désavantages subis par les générations plus âgées plutôt que les gains récents. À ce niveau de scolarisation des femmes, les pays comparables de l'ensemble de données affichent des taux de fécondité compris entre 4 et 5 enfants par femme. Or, l'indice de fécondité du Népal est de 1,9, en dessous de la moyenne mondiale de 2,2.

Cet écart s'explique en grande partie par une migration de travail masculine à grande échelle. Le taux de migration nette du Népal, de -12 pour 1 000 habitants, figure parmi les sorties nettes les plus importantes de l'ensemble de données, et la séparation conjugale qui en résulte au sein des couples mariés a des effets directs sur la fécondité (Shattuck et al., 2019).