Une carte mondiale du taux d'accroissement naturel montre où les populations croissent le plus vite, où la croissance a ralenti, et où les effectifs diminuent. La migration peut renforcer ces tendances ou les inverser.
Cette carte montre le taux d'accroissement naturel de chaque pays en 2026 — le nombre de naissances moins le nombre de décès cette année-là, exprimé en pourcentage de la population totale. Une échelle de couleurs divergente marque les deux extrémités de l'échelle : les pays à la croissance naturelle la plus rapide (rose), et les pays dont la population reculerait déjà du seul fait des naissances et des décès (bleu), avant toute prise en compte de la migration. La moyenne mondiale est de +0,9 %.
L'Afrique affiche le taux d'accroissement naturel le plus élevé au monde, avec une moyenne régionale de +2,4 %, soit plus de deux fois et demie le taux mondial. La République centrafricaine, la Somalie et le Mali dépassent chacun +3 %, parmi les taux les plus élevés enregistrés dans le monde.
Les Amériques, l'Asie et l'Océanie, mises en évidence ici, se situent entre les deux. Ces trois régions affichent encore une croissance naturelle positive, mais modeste. Chacune se situe en moyenne sous le taux mondial de +0,9 % : +0,4 % pour les Amériques, +0,7 % pour l'Asie et +0,8 % pour l'Océanie. Le Japon fait figure d'exception notable à la croissance modeste de l'Asie, avec un taux de -0,8 %.
L'Europe est la seule région où les décès dépassent déjà les naissances, avec une moyenne de -0,3 %. La Lettonie et la Bulgarie affichent des taux inférieurs à -0,7 %, parmi les plus bas au monde.
La carte de la section précédente ne montrait que l'accroissement naturel. Or, la migration peut modifier sensiblement la trajectoire démographique réelle d'un pays. Ce diagramme en barres classe les pays selon leur taux d'accroissement naturel et y ajoute, à titre de comparaison, le taux de migration nette (le nombre annuel net de migrants pour 1 000 habitants).
Dans certains pays, une migration nette positive compense entièrement un taux d'accroissement naturel négatif. L'Italie et la Croatie en sont des exemples clairs : l'accroissement naturel de ces pays, de -0,5 %, est presque exactement compensé par une migration nette de +5 pour 1 000 (+0,5 %), laissant leur population pratiquement stable.
L'Espagne illustre un cas de croissance nette. Si son taux d'accroissement naturel de -0,3 % est comparable à ceux de l'Italie et de la Croatie, le pays affiche un taux de migration nette nettement plus élevé, de +13 pour 1 000 (+1,3 %), ce qui porte sa variation démographique globale à +1,0 %.
Plusieurs pays d'Europe de l'Est présentent la dynamique inverse : un accroissement naturel négatif s'y ajoute à une émigration nette. Ainsi, la Lettonie, la Serbie, l'Estonie, l'Ukraine et la Roumanie connaissent chacune un déclin démographique combiné allant d'environ -0,6 % à -2,0 %.
Accroissement naturel et migration peuvent se renforcer ou se compenser, et le taux de croissance réel d'un pays dépend des deux. Un pays qui semble se réduire au vu du seul accroissement naturel peut se révéler proche de la stabilité, voire en croissance, une fois la migration prise en compte — comme l'Italie, la Croatie et l'Espagne — ou décliner plus fortement, comme c'est le cas dans une grande partie de l'Europe de l'Est.